La Défense, ou quand Paris se modernise… hors les murs


La Défense, entre les tours

La Défense

A Paris, s’il est un débat houleux qui n’en finit pas de déclencher de violentes répliques, c’est bien celui de la modernisation – ou non – du paysage urbain de la ville intra-muros. Aussi, alors que le débat s’enlise depuis des années entre ceux qui déplore la muséification de la ville, et ceux qui implore une protection du patrimoine architectural de la ville et de son environnement, la modernisation de Paris se fait finalement dans sa proche banlieue, plus précisément à Puteaux (on peut dire qu’entre Joinville, Bourg-la-Reine, Sartrouville, la délicieuse contrepèterie qu’est Houille-Carrières-sur-Seine, et ce nom pour le moins évocateur de Puteaux, la région parisienne a le don de trouver des noms charmants à ses localités), dans le quartier dit de “La Défense”.

Aussi, c’est un passage bien étrange que celui de l’Avenue de la Grande Armée, prolongement des Champs-Elysée au-delà de l’Arc de Triomphe, à cette ville moderne, presque sortie de nulle part, qu’est La Défense, et qui en quelques décennies seulement a su devenir le cœur économique de la France. Aux immeubles hausmanniens et bourgeois de Paris succèdent les hautes tours de verre et de béton du plus grand CBD français, le tout bâti sur une gigantesque dalle de béton – nommée, très simplement, “La Dalle” – qui rappellerait presque qu’en entrant dans ce quartier, on entre tout simplement dans un autre monde, celui d’un futur fait de béton, d’acier et de verre où la terre et la pierre ne sauraient trouver place. Une autre France, en quelque sorte, celle d’une élite seule autorisée à se tourner vers l’avenir. D’ailleurs, en y pensant bien, je ne peux m’empêcher de trouver que ce quartier est peut-être le meilleur représentant de l’esprit élitiste Français: une capitale à la lisière de la capitale, comme le fut Versailles en son temps de gloire, où seule une petite frange de la population, dans sa tour d’ivoire de verre, a accès aux quelques privilèges de son temps: chaînes internationales, ouverture des magasins le dimanche, sécurité renforcée… On ne refait pas l’histoire, certes, mais tout de même, il est amusant de se rendre compte qu’elle se refait elle-même, parfois, toute seule.

Quoiqu’il en soit, c’est aussi un lieu aux architectures fascinantes, aux œuvres d’art contemporaines pour le moins déroutantes, où tout est mis en scène pour produire les plus grands effets aux visiteurs, et où il est facile de se perdre dans le dédale de chemins qui courent de part et d’autre, autant en surface que sous la dalle. Autant dire tout de suite que le tout constitue un terrain de jeu rêvé pour tous les photographes à la recherche de paysages urbains modernes à photographier.

Un lieu à visiter, donc, absolument !

La Défense, coucher de soleil

L’Arche, à la tombée du jour

La Défense, vue sur l'Arche

L’Arche se reflétant dans le Bassin Takis

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